Archives du mot-clé Prix Littéraire

Syngué Sabour … Atiq Rahimi

Syngué sabour de Atiq Rahimi
Résumé : Syngué sabour, pierre de patience, dans la mythologie perse. Pierre magique que l'on pose devant soi pour déverser sur elle ses malheurs, ses souffrances, ses douleurs, ses misères... Et la pierre écoute tous les secrets jusqu'à ce qu'un beau jour elle éclate.
J’avais lu en 2008 ce prix Goncourt et été fort impressionnée par la force et la qualité de ce récit. C’est l’histoire d’une femme afghane qui dans l’horreur de la guerre à Kaboul reste au chevet de son mari blessé, grabataire dans le coma. Durant cette épreuve qui durera plusieurs semaines, elle se confie à lui, ose lui dévoiler ses pensées, ses déceptions ses regrets et aussi ses désirs intimes et lui dévoile les secrets jusqu’alors enfouis en elle. La vie et la place des femmes au sein de la famille dans ce pays, et aussi leur soumission complète à la domination masculine et au Coran, nous est relatée avec beaucoup de délicatesse. La Pierre de Patience « SYNGUE SABOUR » à qui toutes nos peines, tous nos secrets sont révélés éclate un jour et nous en sommes délivrés. Le film tiré par Atiq Rahimi lui-même de son roman lui est très fidèle. On y retrouve entre autre, cette très belle fin énigmatique qui peut susciter les interrogations et alimenter les échanges de points de vue. C’est le moment de voir le film…Allez y…=

Le sermon sur la chute de Rome … Jérôme Ferrari

Le sermon sur la chute de Rome de Jérôme Ferrari
Résumé : Dans un village corse perché loin de la côte, le bar local est en train de connaître une mutation profonde sous l’impulsion de ses nouveaux gérants. À la surprise générale, ces deux enfants du pays ont tourné le dos à de prometteuses études de philosophie sur le continent pour, fidèles aux enseignements de Leibniz, transformer un modeste débit de boissons en “meilleur des mondes possibles”. Mais c’est bientôt l’enfer en personne qui s’invite au comptoir, réactivant des blessures très anciennes ou conviant à d’irréversibles profanations des êtres assujettis à des rêves indigents de bonheur, et victimes, à leur insu, de la tragique propension de l’âme humaine à se corrompre. Entrant, par-delà les siècles, en résonance avec le sermon par lequel saint Augustin tenta, à Hippone, de consoler ses fidèles de la fragilité des royaumes terrestres, Jérôme Ferrari jette, au fil d’une écriture somptueuse d’exigence, une lumière impitoyable sur la malédiction qui condamne les hommes à voir s’effondrer les mondes qu’ils édifient et à accomplir, ici-bas, leur part d’échec en refondant sans trêve, sur le sang ou les larmes, leurs impossibles mythologies.
Ma dernière lecture d’un prix Goncourt remontait à 1990 avec « Les champs d’honneur » de Rouaud. Je n’en ai rien retenu à part beaucoup d’ennui. Par contre, mon premier Prix Goncourt, « La vie devant soi » de Ajar/Gary, que j’ai lu adolescente, fût une véritable révélation. Celui-ci, se situe à mon avis entre ces deux extrêmes. Je ne suis pas sûre d’avoir tout compris, certains passages sont restés obscurs, en particulier les chapitres consacrés aux anciennes générations. J’ai pourtant bien aimé suivre le parcours du naïf Mathieu et son bar corse. Et j’ai été passionnée et transportée par le dernier chapitre sur le sermon d’Augustin.