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Notre Dame de Paris … Victor Hugo

Notre Dame de Paris de Victor Hugo
Résumé : Autour de Notre-Dame, dans la cité médiévale de Paris, s'agite une kyrielle de personnages très différents: Quasimodo, le bossu sonneur de cloches; Gringoire, le poète; Frollo, le sinistre archidiacre; Phoebus, le capitaine des archers du roi. Ils sont tous fascinés par la belle bohémienne Esméralda...
Honnêtement, j’étais totalement vierge de l’histoire. Je savais qu’il y avait Quasimodo, aperçu Antony Quinn dans le rôle quand j’étais petite, et qu’il y avait Belle, une jolie Bohémienne, de la comédie musicale que je n’ai pas vue. Et je suis fan de Hugo. Le personnage d’abord et son histoire, son aura. J’ai un beau souvenir de Quatre-vingt treize. J’aime surtout son théâtre. Romantique, excessif, avec des héroïnes magnifiques, des situations impossibles. Marie Tudor, Angelo Tyran de Padoue, Rhuis Blas (La folie des grandeurs). Déçue. Hugo pourtant, Hugo trop présent. Des intrusions d’auteur qui durent ; un chapitre entier sur l’architecture, l’imprimerie… Un plaisir de lire Hugo, mais le rythme de l’intrigue est cassé. Les hasards, construits, sont « trop ». On est à la limite de la vraisemblance pour pousser au tragiqu-issime. Je n’ai aimé aucun personnage. Je suis complètement passée à côté. Snif.

L’idiot … Mickaïlovitch Dostoïevski

L'idiot de Mickaïlovitch Dostoïevski
Résumé : Le prince Muichkine arrive à Saint-Pétersbourg. Idiot de naissance parce qu'incapable d'agir, il est infiniment bon. Projeté dans un monde cupide, arriviste et passionnel, il l'illumine de son regard. Par sa générosité, tel le Christ, Léon Nicolaïevitch révélera le meilleur enfoui en chacun. La trop belle Anastasia, achetée cent mille roubles, retrouve la pureté, Gania Yvolguine le sens de l'honneur, et le sanglant Rogojine goûte, un instant, la fraternité. Dostoïevski voulait représenter l'homme positivement bon. Mais que peut-il face aux vices de la société, face à la passion ? Récit admirablement composé, riche en rebondissements extraordinaires, L'Idiot est à l'image de la Sainte Russie, vibrant et démesuré. Manifeste politique et credo de l'auteur, son oeuvre a été et restera un livre phare, car son héros est l'homme tendu vers le bien mais harcelé par le mal.
Il est écrit dans la préface que le roman russe accorde la place d’honneur aux rapports de l’individu avec lui-même ou avec Dieu. Il me semble en effet que cette littérature est très spéciale. Je n’ai lu que Guerre et Paix. L’écriture est très belle, simple plaisir de lire*. Et il y a cette atmosphère que je relie au théâtre de Tchekhov (Oncle Vania, Les trois sœurs, La mouette…) ; une tension permanente. Tous ces personnages complexes, détonants, se retrouvent dans des réunions bigarrées où éclatent les scandales, se confessent, se torturent l’âme et celle des autres. Douloureux, les rancœurs et les malaises affleurent… Cette société russe est peu légère, chacun est à-pic. On chemine avec eux et leur folie. On suit ce destin accepté trop sincèrement par l’Idiot : « Quiconque le voudrait pourrait le tromper, et quiconque l’aurait trompé serait assuré de son pardon ». Les rapports de l’individu avec lui-même étant ce qu’ils sont, c’est très actuel et ça nous parle de nous-mêmes.

Justine ou les malheurs de la vertu … Le Marquis de Sade

Justine ou les malheurs de la vertu du Marquis de Sade
Résumé : Rejetant la douce nature rousseauiste, Sade dévoile le mal qui est en nous et dans la vie. La vertueuse Justine fait la confidence de ses malheurs et demeure jusque dans les plus scabreux détails l'incarnation de la vertu. Apologie du crime, de la liberté des corps comme des esprits, de la cruauté, « extrême sensibilité des organes connue seulement des êtres délicats », l'oeuvre du marquis de Sade étonne ou scandalise. « Elle paraît bien n'être, dit Klossowski, qu'un seul cri désespéré, lancé à l'image de la virginité inaccessible, cri enveloppé et comme enchâssé dans un cantique de blasphèmes. » C'est aussi une oeuvre d'une poésie délirante et pleine d'humour noir.
C’est mon premier Sade et je dois dire que : Beurk ! Vous en parler m’a conduite à m’informer un peu sur cet auteur à l’origine du sadisme et, dixit wikipédia : Donatien Alfonse François Sade a été à l’origine de scandales dignes de ses écrits qui lui ont valu de passer 13 ans en prison où il est devenu écrivain, par provocation ou par manque, ses œuvres lui servant d’exutoire et de fantasmagories – œuvres qui ont été interdites jusqu’en 1960. Justine est son œuvre majeure, elle est tellement scabreuse qu’il la reniera quand elle sera publiée. Justine et sa sœur Juliette sont deux adolescentes orphelines et sans le sou. La plus âgée va très bien s’en sortir en étant tout sauf vertueuse. Justine, qui se fait appeler Thérèse tout le long, ne se départira jamais de sa vertu en dépit de ses malheurs qui vont s’enchainer dans une mécanique implacable. Bref, c’est du porno et du hard : viols à tous les étages, en réunion ou non, maisons incestueuses, couvent abritant des orgies sadiques, barbaries plus ou moins raffinées, et j’en passe. C’est indigeste comme du porno mais c’est écrit dans le langage châtié du XVIIIème. Si quelques culs apparaissent à la toute fin du roman, Thérèse ne nous conte que de dards, de temples impurs – par opposition à ceux de la reproduction – d’extases, de transports et de semences. Le tout, enfin, est agrémenté de sophismes à n’en plus finir car tous ces libertins sont de grands philosophes et justifient leurs « penchants sadistes ». Remis dans le contexte, ça fait parfois sourire.

La princesse de Clèves … Madame de Lafayette

La princesse de Clèves de Madame de Lafayette
Résumé : « La magnificence et la galanterie n'ont jamais paru avec tant d'éclat que dans les années du règne de Henri second », et c'est bien sur le théâtre de la brillante cour des Valois que se noue et se joue la passion de la princesse de Clèves et du duc de Nemours. Passion tacite, et qui ne s'exprime longtemps que par des signes : un portrait dérobé, la couleur d'un vêtement au tournoi, la soudaine émotion d'un visage. Passion tragique, aussi, dont la mort est la conséquence imprévue. Si La Princesse de Clèves, lors de sa parution en 1678, est le livre le plus immédiatement commenté de son époque, c'est que, sans rompre totalement avec le roman antérieur, il y introduit le souci de vraisemblance et de brièveté qui caractérise alors la nouvelle, et concilie de manière neuve narration et psychologie. Le premier des romans d'analyse ? Certainement. Mais simplement, aussi, un grand roman sans romanesque.
« Mais quoique je me défie de moi-même, je crois que je ne vaincrai jamais mes scrupules, et je n’espère pas aussi de surmonter l’inclination que j’ai pour vous. Elle me rendra malheureuse, et je me priverai de votre vue, quelque violence qu’il m’en coûte. » Tout est dit. L’histoire, la beauté de la langue, un retour dans l’Histoire. Des conventions sociales qui font que l’amour le plus pur ne cause que souffrances et malheurs. Pas de descriptions, que du sentiment avec une narratrice charmante et discrète. Dans un français comme on n’en parle plus, et qui fut lu par, et émut, les mêmes passionnés de lecture d’il y a 300 ans. Oui peut-être, ça a vieilli, mais quel charme ! Du coup, grande envie de voir le film de Tavernier avec Mélanie Thierry. Merci Sarko de nous avoir reparlé de ce livre !