Archives pour la catégorie ***** Excellent

Lorsque j’étais une œuvre d’art … Eric-Emmanuel Schmitt

Lorsque j’étais une œuvre d’art de Eric-Emmanuel Schmitt
Résumé : Lorsque j'étais une œuvre d'art est un livre sans équivalent dans l'histoire de la littérature, même si c'est un roman contemporain sur le contemporain. Il raconte le calvaire d'un homme qui devient son propre corps, un corps refaçonné en œuvre d'art au mépris de tout respect pour son humanité. Malléable, transformable, il n'est plus qu'un corps sans âme entre les mains d'un esprit diabolique dont le génie tient avant tout à son manque de scrupule.
Du grand Schmitt ! J’ai adoré…. C’est vrai que le début à été laborieux… Pas facile d’entrer dans cet univers surréaliste. Je me demandais où il voulait en venir avec ces situations Ubuesques, improbables et tordues. Mais ma curiosité a été la plus forte et je ne l’ai pas regretté ! A la fin du premier tiers, tout bascule et tout devient limpide, chaque situation prend un sens et nous renvoie à ce que l’on vit chaque jour. Cette parabole éclaire de façon originale les rapports entre l’art, la beauté, l’argent, la notoriété, le buzz, le corps, l’âme, la société et l’humain ; et nous aide à ouvrir les yeux sur ce qui nous entoure. A la fois romanesque et philosophique, ce récit m’a enchanté, et je me sens plus riche d’une vision nouvelle sur moi-même et sur les autres.

Rien ne s’oppose à la nuit … Delphine de Vigan

Rien ne s'oppose à la nuit de Delphine de Vigan
Résumé : « La douleur de Lucile, ma mère, a fait partie de notre enfance et plus tard de notre vie d’adulte, la douleur de Lucile sans doute nous constitue, ma sœur et moi, mais toute tentative d’explication est vouée à l’échec. L’écriture n’y peut rien, tout au plus me permet-elle de poser les questions et d’interroger la mémoire. La famille de Lucile, la nôtre par conséquent, a suscité tout au long de son histoire de nombreux hypothèses et commentaires. Les gens que j’ai croisés au cours de mes recherches parlent de fascination ; je l’ai souvent entendu dire dans mon enfance. Ma famille incarne ce que la joie a de plus bruyant, de plus spectaculaire, l’écho inlassable des morts, et le retentissement du désastre. Aujourd’hui je sais aussi qu’elle illustre, comme tant d’autres familles, le pouvoir de destruction du Verbe, et celui du silence. Le livre, peut-être, ne serait rien d’autre que ça, le récit de cette quête, contiendrait en lui-même sa propre genèse, ses errances narratives, ses tentatives inachevées. Mais il serait cet élan, de moi vers elle, hésitant et inabouti. » Dans cette enquête éblouissante au cœur de la mémoire familiale, où les souvenirs les plus lumineux côtoient les secrets les plus enfouis, ce sont toutes nos vies, nos failles et nos propres blessures que Delphine de Vigan déroule avec force.
Une saga familiale racontée un peu comme une enquête journalistique mais qui reste toujours touchante et élégante. Le récit est d’une grande force, mais reste plein de délicatesse malgré la noirceur du propos : il y est question de mémoire familiale, de transmission, de suicide, d’inceste et de la reproduction des schémas familiaux, mais jamais de jugement, de coupable, ou de regrets. Et malgré ce style détaché, presque journalistique, l’effet est bouleversant. J’ai beaucoup aimé ce livre et je le conseille vivement.

Mille femmes blanches … Jim Fergus

Mille femmes blanches de Jim Fergus
Résumé : En 1874, le chef des Cheyennes Little Wolf propose au président Grant d'échanger mille femmes blanches contre mille chevaux. Pour les indiens, c'est une façon d'éviter la consanguinité et pour les Américains d'intégrer le peuple indien. Tout ça dans le plus grand secret.
Un superbe voyage avec ces peuples si proches de la nature. Une belle leçon de vie pour les Blancs, la race supérieure !!! Des regrets quand on sait ce que sont devenus les indiens. Le livre est très bien écrit. On passe du rire aux larmes.

La gifle … Christos Tsiolkas

La gifle de Christos Tsiolkas
Résumé : Dans la banlieue de Melbourne, lors d’un barbecue, un homme donne une gifle à un enfant qui n’est pas le sien. Une révélation littéraire, un extraordinaire roman qui brasse avec une redoutable acuité les sujets les plus divers pour dresser un portrait sans concession de l’Australie d’aujourd’hui, dans la lignée de Jonathan Franzen, Don DeLillo ou Tom Wolfe. Dans une banlieue de Melbourne, de nos jours. Par une belle fin de journée d’été, famille et amis ont organisé un barbecue : de la nourriture grecque et indienne, du vin et de la bière en quantité, de la musique et des gens de tous les âges. Alors que les enfants entament une partie de cricket, une dispute éclate qui dégénère en bagarre. C’est alors qu’Harry, un adulte, gifle un enfant de quatre ans, Hugo. Cet incident va avoir des répercussions sur un certain nombre de personnes et sur huit en particulier : Hector et Aisha, les organisateurs du barbecue ; Harry, le cousin d’Hector, l’auteur de la gifle ; Rosie, la mère d’Hugo ; Anouk, une quadragénaire qui refuse d’être mère ; Manolis, un vieil immigré grec ; Connie et Richie, deux adolescents.
J’ai adoré et je le conseille vivement ! Comme son nom ne l’indique pas, Christos Tsiolkas est Australien et il nous décrit avec la gifle (qui n’a rien à voir avec le film de Pinoteau) une société post-moderne au bord de la crise de nerf dont le point de départ est une gifle donnée par un adulte à un enfant lors d’un BBQ entre amis et famille d’origine grecque. Tout y passe : la famille, l’amitié, l’éducation, la réussite professionnelle, les inégalités, la mort, les soucis de la jeunesse. Dans ce roman à plusieurs voix (chaque chapitre correspond à un personnage témoin), on suit la déflagration que provoque cette gifle, au travers de la vie de chacun, entre ceux qui la justifient, ceux qui la jugent inexcusable. Tous ont leurs secrets, leurs travers, leurs regrets, leurs aigreurs mais on se prend à les aimer tous, plus ou moins. On est ému avec le grand-père et les souvenirs de l’immigration grecque en Australie, on est attendri par les jeunes ados en mal d’amour, agacé par les quadras qui se fourvoient.

La liste de mes envies…Grégoire Delacourt

La liste de mes envies - Grégoire Delacourt
Résumé : Lorsque Jocelyne Guerbette, mercière à Arras, découvre qu’elle peut désormais s’offrir ce qu’elle veut, elle se pose la question : n’y a-t-il pas plus à perdre ? Grégoire Delacourt déroule une histoire folle et forte d’amour et de hasard. Une histoire lumineuse aussi, qui nous invite à revisiter la liste de nos envies.
Excellent, un petit bijou, simple et lumineux. Mélancolique… mais avec beaucoup de tendresse et d’amour. Enfin un auteur qui sait lire dans le cœur des femmes ! Un livre à ne pas laisser passer… Merci Frédo pour le conseil ! Ce qu'en pense Frédérique : Un petit livre très facile à lire et une variante au dicton « l’argent ne fait pas le bonheur » !

Des souris et des hommes … John Steinbeck

Des souris et des hommes de John Steinbeck
Résumé : « Lennie serra les doigts, se cramponna aux cheveux. - Lâche-moi, cria-t-elle. Mais, lâche-moi donc. Lennie était affolé. Son visage se contractait. Elle se mit à hurler et, de l’autre main, il lui couvrit la bouche et le nez. - Non, j’vous en prie, supplia-t-il. Oh ! j’vous en prie, ne faites pas ça. Georges se fâcherait. Elle se débattait vigoureusement sous ses mains … - Oh ! je vous en prie, ne faites pas ça supplia-t-il. Georges va dire que j’ai encore fait quelque chose de mal. Il m’laissera pas soigner les lapins. » John Steinbeck : Prix Nobel 1962
La deuxième lecture de ce classique ne m’a pas fait le même effet que la première fois. J’avais une quinzaine d’années, et ça avait été comme une révélation. Mais les années n’ont rien changé à la force de ce récit poignant. Les personnages sont tendres et brutaux à la fois ; les situations sont très simples et pourtant si complexes et le style limpide et sans fioritures est malgré tout grandiose. Excellent !