Archives de l’auteur : Sophie

Lorsque j’étais une œuvre d’art … Eric-Emmanuel Schmitt

Lorsque j’étais une œuvre d’art de Eric-Emmanuel Schmitt
Résumé : Lorsque j'étais une œuvre d'art est un livre sans équivalent dans l'histoire de la littérature, même si c'est un roman contemporain sur le contemporain. Il raconte le calvaire d'un homme qui devient son propre corps, un corps refaçonné en œuvre d'art au mépris de tout respect pour son humanité. Malléable, transformable, il n'est plus qu'un corps sans âme entre les mains d'un esprit diabolique dont le génie tient avant tout à son manque de scrupule.
Du grand Schmitt ! J’ai adoré…. C’est vrai que le début à été laborieux… Pas facile d’entrer dans cet univers surréaliste. Je me demandais où il voulait en venir avec ces situations Ubuesques, improbables et tordues. Mais ma curiosité a été la plus forte et je ne l’ai pas regretté ! A la fin du premier tiers, tout bascule et tout devient limpide, chaque situation prend un sens et nous renvoie à ce que l’on vit chaque jour. Cette parabole éclaire de façon originale les rapports entre l’art, la beauté, l’argent, la notoriété, le buzz, le corps, l’âme, la société et l’humain ; et nous aide à ouvrir les yeux sur ce qui nous entoure. A la fois romanesque et philosophique, ce récit m’a enchanté, et je me sens plus riche d’une vision nouvelle sur moi-même et sur les autres.

Rien ne s’oppose à la nuit … Delphine de Vigan

Rien ne s'oppose à la nuit de Delphine de Vigan
Résumé : « La douleur de Lucile, ma mère, a fait partie de notre enfance et plus tard de notre vie d’adulte, la douleur de Lucile sans doute nous constitue, ma sœur et moi, mais toute tentative d’explication est vouée à l’échec. L’écriture n’y peut rien, tout au plus me permet-elle de poser les questions et d’interroger la mémoire. La famille de Lucile, la nôtre par conséquent, a suscité tout au long de son histoire de nombreux hypothèses et commentaires. Les gens que j’ai croisés au cours de mes recherches parlent de fascination ; je l’ai souvent entendu dire dans mon enfance. Ma famille incarne ce que la joie a de plus bruyant, de plus spectaculaire, l’écho inlassable des morts, et le retentissement du désastre. Aujourd’hui je sais aussi qu’elle illustre, comme tant d’autres familles, le pouvoir de destruction du Verbe, et celui du silence. Le livre, peut-être, ne serait rien d’autre que ça, le récit de cette quête, contiendrait en lui-même sa propre genèse, ses errances narratives, ses tentatives inachevées. Mais il serait cet élan, de moi vers elle, hésitant et inabouti. » Dans cette enquête éblouissante au cœur de la mémoire familiale, où les souvenirs les plus lumineux côtoient les secrets les plus enfouis, ce sont toutes nos vies, nos failles et nos propres blessures que Delphine de Vigan déroule avec force.
Une saga familiale racontée un peu comme une enquête journalistique mais qui reste toujours touchante et élégante. Le récit est d’une grande force, mais reste plein de délicatesse malgré la noirceur du propos : il y est question de mémoire familiale, de transmission, de suicide, d’inceste et de la reproduction des schémas familiaux, mais jamais de jugement, de coupable, ou de regrets. Et malgré ce style détaché, presque journalistique, l’effet est bouleversant. J’ai beaucoup aimé ce livre et je le conseille vivement.

Pas mieux … Arnaud Le Guilcher

Pas mieux de Arnaud Le Guicher
Résumé : Quinze ans après « En moins bien », un soir de Noël, Emma revient… avec le fiston ! Au Etats-Unis, la rencontre d’un père alcoolique avec son fils, adolescent gothique de 15 ans.
J’ai eu du mal à entrer dans cette histoire. Sûrement parce que c’est la suite de « En moins bien » que je n’ai pas lu ! Les personnages se dévoilent lentement, le ton est décontracté, voire familier et plein d’humour. L’auteur nous fait des clins d’œil dont certains ne prennent tout leur sens qu’à la fin. Après une mise en place au ralenti, les événements s’enchaînent, les personnages sortent de leur torpeur et on est pris par l’action. Un très bon moment. Je lirai volontiers le précédent (En moins bien) ou le suivant (Pile entre deux) !

Des vents contraires … Olivier Adam

Des vents contraires de Olivier Adam
Résumé : Depuis que sa femme a disparu sans plus jamais faire signe, Paul Anderen vit seul avec ses deux jeunes enfants. Mais une année s'est écoulée, une année où chaque jour était à réinventer, et Paul est épuisé. Il espère faire peau neuve par la grâce d'un retour aux sources et s'installe alors à Saint-Malo, la ville de son enfance. Mais qui est donc Paul Anderen ? Un père qui, pour sauver le monde aux yeux de ses enfants, doit lutter sans cesse avec sa propre inquiétude et contrer, avec une infinie tendresse, les menaces qui pèsent sur leur vie. Dans ce livre lumineux aux paysages balayés par les vents océaniques, Olivier Adam impose avec une évidence tranquille sa puissance romanesque et son sens de la fraternité.
Un roman noir et triste, d’un bout à l’autre. Un suspense lent construit comme un film. L’histoire et les personnages se mettent en place tout doucement pour composer l’intrigue. Le dénouement manque finalement d’intensité et d’originalité. C’est quand même un bon roman du genre … à éviter en cas de déprime !

Le prince de la brume … Carlos Ruiz Zafon

Le Prince de la brume de Carlos Ruiz Zafon
Résumé : 1943. Menacée par la guerre, la famille Carver gagne la côte anglaise et emménage dans une belle maison de station balnéaire. Mais un démon les y a précédés... Intrigués par l'histoire trouble de la maison et ses ombres rôdeuses, Max et Alicia, les enfants Carver, explorent les alentours : le jardin aux statues si expressives, l'épave du cargo échoué dans la baie... De redoutables secrets les attendent. D'un Prince, surgi de la brume, la malédiction attend son accomplissement.
J'ai bien aimé le début de ce roman fantastique. Une famille presque ordinaire, une maison avec une histoire et l'installation de cette famille qui promet de nombreux rebondissements. Finalement, les personnages principaux deviennent secondaires, l'histoire s'embourbe et se termine par une fin décevante et sans consistance. Bref, je suis déçue !

Milarepa … Eric-Emmanuel Schmitt

Milarepa de Eric-Emmanuel Schmitt
Résumé : Simon fait chaque nuit le même rêve dont une femme énigmatique lui livre la clef : il est la réincarnation de l'oncle de Milarepa, le célèbre ermite tibétain du XIe siècle qui vouait à son neveu une haine inexpiable. Pour sortir du cycle des renaissances, Simon doit raconter l'histoire des deux hommes, s'identifiant à eux au point de confondre leur identité à la sienne. Mais où commence le rêve, où finit le réel ? Eric-Emmanuel Schmitt, dans ce monologue qui est aussi un conte dans l'esprit du bouddhisme tibétain, poursuit son questionnement philosophique : la réalité existe-t-elle en dehors de la perception que l'on en a ?
Une petite dose de spiritualité bouddhiste racontée par Eric-Emmanuel Schmitt. Avec l'âge, la spiritualité et le bouddhisme en particulier, m'attire de plus en plus. J'ai bien aimé l'approche de Eric-Emmanuel Schmitt dans l'entretien de la fin du livre : un religion sans dogme qui responsabilise sans culpabiliser. Comme lui, j'apprécie de pouvoir "piocher" les concepts qui me correspondent sans renier mes racines catholiques ni mes convictions profondes. Un tout petit livre qui éclaire et réchauffe.