Archives mensuelles : janvier 2013

Justine ou les malheurs de la vertu … Le Marquis de Sade

Justine ou les malheurs de la vertu du Marquis de Sade
Résumé : Rejetant la douce nature rousseauiste, Sade dévoile le mal qui est en nous et dans la vie. La vertueuse Justine fait la confidence de ses malheurs et demeure jusque dans les plus scabreux détails l'incarnation de la vertu. Apologie du crime, de la liberté des corps comme des esprits, de la cruauté, « extrême sensibilité des organes connue seulement des êtres délicats », l'oeuvre du marquis de Sade étonne ou scandalise. « Elle paraît bien n'être, dit Klossowski, qu'un seul cri désespéré, lancé à l'image de la virginité inaccessible, cri enveloppé et comme enchâssé dans un cantique de blasphèmes. » C'est aussi une oeuvre d'une poésie délirante et pleine d'humour noir.
C’est mon premier Sade et je dois dire que : Beurk ! Vous en parler m’a conduite à m’informer un peu sur cet auteur à l’origine du sadisme et, dixit wikipédia : Donatien Alfonse François Sade a été à l’origine de scandales dignes de ses écrits qui lui ont valu de passer 13 ans en prison où il est devenu écrivain, par provocation ou par manque, ses œuvres lui servant d’exutoire et de fantasmagories – œuvres qui ont été interdites jusqu’en 1960. Justine est son œuvre majeure, elle est tellement scabreuse qu’il la reniera quand elle sera publiée. Justine et sa sœur Juliette sont deux adolescentes orphelines et sans le sou. La plus âgée va très bien s’en sortir en étant tout sauf vertueuse. Justine, qui se fait appeler Thérèse tout le long, ne se départira jamais de sa vertu en dépit de ses malheurs qui vont s’enchainer dans une mécanique implacable. Bref, c’est du porno et du hard : viols à tous les étages, en réunion ou non, maisons incestueuses, couvent abritant des orgies sadiques, barbaries plus ou moins raffinées, et j’en passe. C’est indigeste comme du porno mais c’est écrit dans le langage châtié du XVIIIème. Si quelques culs apparaissent à la toute fin du roman, Thérèse ne nous conte que de dards, de temples impurs – par opposition à ceux de la reproduction – d’extases, de transports et de semences. Le tout, enfin, est agrémenté de sophismes à n’en plus finir car tous ces libertins sont de grands philosophes et justifient leurs « penchants sadistes ». Remis dans le contexte, ça fait parfois sourire.

Sept histoires qui reviennent de loin … Jean-Christophe Ruffin

Sept histoires qui reviennent de loin de Jean-Christophe Ruffin
Résumé : Sept histoires fortes, drôles, émouvantes. Sept petits romans avec chacun son intrigue, ses personnages, son dénouement inattendu. Sept lieux du monde, Mozambique, Kirghizie, île Maurice... qui apportent leurs couleurs et leurs parfums. Sept occasions de donner aux grandes questions contemporaines un visage humain. Sept instants de vie. Un même bonheur de lecture.
Sept petites histoires pleines de suspense. Des histoires presqu'e quotidiennes avec une pincée d'extraordinaire. Des histoires qu'on a envi de raconte, le soir, à le veillée. J'adore les nouvelles pour leur rapidité et leur efficacité. Jean-Christophe Rufin maîtrise parfaitement ce format. Un moment de lecture très agréable.

La princesse de Clèves … Madame de Lafayette

La princesse de Clèves de Madame de Lafayette
Résumé : « La magnificence et la galanterie n'ont jamais paru avec tant d'éclat que dans les années du règne de Henri second », et c'est bien sur le théâtre de la brillante cour des Valois que se noue et se joue la passion de la princesse de Clèves et du duc de Nemours. Passion tacite, et qui ne s'exprime longtemps que par des signes : un portrait dérobé, la couleur d'un vêtement au tournoi, la soudaine émotion d'un visage. Passion tragique, aussi, dont la mort est la conséquence imprévue. Si La Princesse de Clèves, lors de sa parution en 1678, est le livre le plus immédiatement commenté de son époque, c'est que, sans rompre totalement avec le roman antérieur, il y introduit le souci de vraisemblance et de brièveté qui caractérise alors la nouvelle, et concilie de manière neuve narration et psychologie. Le premier des romans d'analyse ? Certainement. Mais simplement, aussi, un grand roman sans romanesque.
« Mais quoique je me défie de moi-même, je crois que je ne vaincrai jamais mes scrupules, et je n’espère pas aussi de surmonter l’inclination que j’ai pour vous. Elle me rendra malheureuse, et je me priverai de votre vue, quelque violence qu’il m’en coûte. » Tout est dit. L’histoire, la beauté de la langue, un retour dans l’Histoire. Des conventions sociales qui font que l’amour le plus pur ne cause que souffrances et malheurs. Pas de descriptions, que du sentiment avec une narratrice charmante et discrète. Dans un français comme on n’en parle plus, et qui fut lu par, et émut, les mêmes passionnés de lecture d’il y a 300 ans. Oui peut-être, ça a vieilli, mais quel charme ! Du coup, grande envie de voir le film de Tavernier avec Mélanie Thierry. Merci Sarko de nous avoir reparlé de ce livre !